Jeanne Added, Rachid Arab, Kompromat, Naïve New Beater, ça vous parle ?
Très certainement si vous êtes amateur de musiques actuelles ! Derrière ces noms qui font toujours l’actualité musicale, il y a Wart, une association morlaisienne qui vient de fêter ses 25 ans. Rien que ça. Pourtant, au démarrage en 1997, les fondateurs de l’asso ont une ambition assez raisonnable, faire vibrer la scène musicale de la région, avec des artistes locaux, des petits moyens, de l’huile de coude, mais surtout cette énergie qui caractérise si bien Morlaix.

25 ans après ses débuts, Wart porte un festival de musiques actuelles (le fameux Panoramas : 25 000 festivaliers en 2022 !), une maison de production (90 artistes), une salle de spectacle de 800 places, complètement atypique, située en plein cœur de la Manufacture de tabacs de Morlaix.
On vous raconte l’histoire de ce festival qui fait notre fierté.

Les débuts de Pano

1997, Joran et Eddy sortent à peine de la fac. Ils évoluent dans un milieu artistique, ils ont envie de participer à la vie de Morlaix, de faire bouger les choses, en particulier pour toute une jeunesse en demande de scène musicale. Ça manque, et pourtant les deux copains le savent : ici, il y a plein de groupes talentueux. Ils tentent une première édition qu’ils baptisent « Panoramas », avec un « s » : “On avait pas mal goûté à la vie rennaise, on avait envie que ça bouge aussi dans notre ville, parce qu’on est très attachés à Morlaix, parce qu’on savait aussi qu’elle déborde d’énergie, raconte Eddy Pierres, directeur de Wart. On a organisé un premier festival dans les bars, on a invité des groupes d’ici. Pour dix francs (oui, on n’était pas encore passé à l’euro !), on pouvait aller voir tous les concerts. Notre idée, c’était aussi de rendre la musique accessible, tout en faisant connaître des musiciens. Le nom « Panoramas » s’est imposé à nous de manière naturelle. On voulait montrer que la variété des musiques donnait un effet panoramique“.

Joran et Eddy savent aussi qu’ils peuvent compter sur l’expérience et le soutien de personnalités locales qui vont sérieusement contribuer au démarrage : Jean-Philippe Quignon, alors chef de la rédaction morlaisienne du Télégramme, Jacques Guillerm, alias Jacquito, régisseur des Vieilles Charrues, Ghislaine André, patronne du club Coatelan.
Les deux premières années, l’asso est en gestation, la motivation à bloc, l’envie de faire grandir est là.

Lango

La troisième année, en plus de la MJC, des bars du centre ville et de Coatelan, Wart décide d’investir la petite salle de Langolvas au parc des expos. L’asso enregistre près de 5 000 spectateurs en tout. La formule s’étale sur deux-trois jours, en février : “C’était pas forcément la meilleure période pour organiser un festival. Une année, on a même eu de la neige, ça nous a porté préjudice et même bien pourri le moral. On a commencé à se poser des questions sur notre choix de date. On voulait quand même que ce soit avant les grands festivals déjà en place, les Charrues (Carhaix), Rock en Trans (Rennes), Astropolis (Brest). On s’est dit qu’au printemps, c’était sans doute une meilleure idée“ s’amuse Eddy.
D’année en année, la programmation s’étoffe, l’asso cherche des artistes un peu plus connus ou pour lesquels ils perçoivent un potentiel, élargit les styles musicaux : la mayonnaise commence à prendre sérieusement.

La production

Parallèlement, Joran le Corre fait ses armes en tant que producteur : il déniche de nouveaux talents, sa liste s’allonge d’année en année. Au départ, il fait tourner quelques artistes rennais, élargit ses recherches sur l’ensemble de l’hexagone. Il rencontre Rodolphe Burger qui décide de confier ses tournées à Wart. Cet événement va changer la face du festival : “À partir de là, on a eu envie de prendre plus de risques, on a fait des choses un peu plus folles et on a commencé à comprendre mieux ce qui fonctionnait, ce qui marchait moins” précise Eddy.

Le déclic

Wart décide de travailler sur les transports, l’hébergement et met en place une offre complète avec le TER, les navettes, le camping. Tout devient plus simple pour les festivaliers. Le festival passe d’une scène à deux, puis trois. La programmation s’étoffe avec des noms comme Vittalic, Salut c’est cool, Romeo Elvis, Stromae ou encore Alain Bashung.
Malgré le coup dur du covid, Wart a su conserver sa dynamique, rebondir et poursuivre l’aventure.

Quelques chiffres clés

  • Création de l’asso en 1997
  • 8 ans de bénévolat
  • 14 salariés en 2022
  • Le plus gros carton de Panorama : 32 000 spectateurs
After Movie PANORAMAS #26

After Movie PANORAMAS #26